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L’économie mondiale s’effondre face à la chute du pétrole Abonnez-vous au flux RSS des articles

29 janv. 2016
10:48
0 commentaire Les grandes économies réagissent à la crise

L’évolution erratique des prix du pétrole met à rude épreuve l’économie mondiale. Raison pour laquelle les grandes économies européennes, américaines et asiatiques anticipent face la crise  la d’opérer une nouvelle configuration du monde économique en souffrance.

 

Depuis le début de la chute des prix du pétrole passant sous le plancher des 40 dollars, les décisions s’enchaînent pour faire face à un éventuel choc pétrolier et financier. Pour mesurer les premiers impacts, nous nous sommes référés aux mesures entreprises par les grandes économies mondiales, don les Etats-Unis, l’Union européenne, la Russie et la Chine.

Face à la crise pétrolière à l’origine des déséquilibres financiers et économiques, l’Europe en a ressenti fortement les conséquences. La première décision prise par la Banque centrale européenne pour y faire face est de maintenir son taux directeur principal à 0,05% et mettre un terme aux taux zéro pour alléger les risques de bulles immobilière et financière.

La Zone euro au bord de la dislocation  

Lors de la dernière rencontre de Davos 2016, la France a avertit du danger de dislocation dans les prochains mois de l’Union européenne si les pays membres n’arrivent pas à trouver des solutions à la crise. Les divergences se sont accentuées en raison des menaces de la Grande Bretagne de quitter la zone euro (Brexit), de la crise des réfugiés, du ralentissement des investissements ainsi que  des déficits budgétaires des Etats membres. Ces facteurs ont impacté indubitablement la situation politique et économique européenne et ont mis en danger l’espace Schengen. De Son côté, la France membre incontestable de la zone euro a décidé de se prendre en main et mettre en place un plan d’urgence visant particulièrement l’emploi. Elle compte dégagé deux milliards d’euro pour former 500 000 chômeurs et financer pendant deux ans une prime de 2 000 euros pour toute nouvelle embauche de 6 mois ou plus. Contrairement à la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne n’ont pas changé leur politique économique pour 2016, mais tentent de s’adapter à la conjoncture politique de la zone euro, en déchéance. Quant à l’Italie souffrant du problème de la liquidité, elle vient de signer avec la Commission européenne un accord sur de nouvelles mesures bancaires permettant de céder une partie de ses 200 milliards d'euros de créances douteuses. En récession depuis plusieurs mois, la Grèce a bénéficié de trois plans d'aide internationale en cinq ans, d'un montant de 86 milliards d'euros De nombreuses réformes économiques et sociales sont en cours. Les grandes économies de la zone euro tentent, également d’apporter des solutions à ces pays en récession pour sauver leur Union.

Remake de la crise des subprimes 2008 aux Etats-Unis

Aujourd’hui, les Etats-Unis craignent la reproduction du scénario de 2008 qui a violenté son système bancaire, paralysé par les subprimes. Avec la chute des prix du pétrole qui s’est installée depuis 2014, l’année 2016 s’annonce aussi agitée sur les marchés américains. Le fléchissement des prix du pétrole et du pétrole de schiste aux Etats-Unis a provoqué l’inquiétude des investisseurs qui risquent la faillite d’ici peu. D’ailleurs, dans son dernier rapport, la banque centrale américaine table sur une inflation à 2% et le ralentissement de la croissance en raison de la chute des prix de l’énergie. Pour soutenir son marché financier, la réserve fédérale a maintenu son taux d’intérêt à 0,25% et 0,50%, mais elle prévoit quatre hausses d’ici la fin de l’année.

La chine  économise 460 milliards de dollars

Le ralentissement des investissements chinois a eu des répercussions négatives sur le marché financier mondial, notamment, après la chute de ses places boursières de plus de 7% suite à l’introduction hâtive de sa monnaie dans le panel des monnaies convertibles. A cela s’ajoute la dégringolade des cours du pétrole et des matières premières. Malgré la détérioration de son environnement économique, la Chine a su tirer profit de la situation en économisant plus de 460 milliards de dollars, mais pour ne pas faiblir davantage, le royaume du milieu a décidé de réduire sa capacité de production d’acier de 100 à 150 millions de tonnes et compte mettre en en place des aides au profit des entreprises ainsi qu’indemniser les ouvriers en cas de licenciement. Cette réduction de production coûtera plus de 360 000 emplois. L’évolution économique de la Chine est observée par le reste du monde car c’est un enjeu clef pour tous les acteurs de la planète. Elle est accusée d’écouler ses surplus en cassant les prix à l’export et économiser de l’argent. De plus la banque centrale chinoise a injecté, dernièrement, 62 milliards d'euros dans le système financier, pour répondre aux besoins accrus de liquidités avant les congés du Nouvel an lunaire et éviter ainsi un grippage de l'économie.

La Russie prévoit des coupes budgétaires de 10%

A l’exception de l’Inde et la Chine qui ont su tirer avantage de la crise économique, le reste des pays du Brics, l(e Brésil, l’Afrique du sud et la Russie( sont confrontés à la détérioration de leur environnement économique. Les derniers rapports de Moscou ont indiqué que le déficit budgétaire de la Russie baissera de 3% en 2016 et probablement jusqu'en 2018. Pour éviter une deuxième année de récession, le gouvernement russe a engagé des mesures de simplification administrative pour les producteurs des hydrocarbures, mais sans appuie financier ou fiscal. Ces mesures seront soutenues par un nouveau plan anticrise pour soutenir l'activité. Pour renflouer les caisses de l’Etat et redresser la valeur du Rouble, la Russie impose la hausse des charges fiscales des sociétés hydrocarbures. Victime de la chute des cours du pétrole, le gouvernement a décidé de réduire son budget pour 2016 de 10 % pour tous les secteurs, sauf celui de la défense et les salaires des fonctionnaires. Ces rectificatifs budgétaires représentent environ 6 milliards d'euros. Elle recherche, également, de nouvelles rentrées de fonds publics à travers la vente de participations dans des entreprises publiques, qui pourraient rapporter à l'État près de 12 milliards d'euros, en 2 ans.

L’Iran remonte, l’Arabie Saoudite faiblit

L’Arabie Saoudite subit aujourd’hui les conséquences de sa politique malsaine engagée contre ses concurrents principaux : les Etats-Unis, la Russie et l’Iran. Ses réserves de changes s’érodent et le déficit budgétaire se creuse et pourrait d’ici cinq ans faire faillite, si les prix du pétrole demeurent bas. En raison de sa manipulation continuelle des prix du pétrole, la monarchie Wahhabite a vu ses places boursières chuter de plus de 7%. Avec le retour incontestable de l’Iran sur le marché pétrolier, l’économie de l’Arabie Saoudite s’asphyxie. Deux semaines depuis son retour, l’Iran rétablie déjà les contacts avec ses partenaires traditionnels, à savoir l’Europe. Elle vient de signer deux contrats avec l’Italie et la France d’une valeur de 30 milliards d’euro. Outre, la République islamique compte déjà exporter plus de 1,5 millions de baril par jour et faire ainsi de l’ombre au royaume de l’Arabie Saoudite et à ses alliés du Golf. L’Algérie membre important de l’Opep est confrontée aussi à une crise économique profonde. Raison pour laquelle, elle a prévu dans la LF 2016 plusieurs hausses fiscales et coupes budgétaires pour faire face à la chute des prix du pétrole. 

Samira Bourbia

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