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Sid Ahmed Baghdadli, ancien cadre de Sonatrach
«Il ne faut pas compter sur le gaz de schiste» Abonnez-vous au flux RSS des articles

26 févr. 2014
14:34
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Fin connaisseur de l’amont pétrolier algérien, l’ancien responsable au sein de la Sonatrach, Sid Ahmed Baghdadli, considère, dans l’entretien qui suit, le gaz de schiste comme un appoint et non pas une solution définitive aux futurs besoins énergétiques de l’Algérie.

 

L’Éconews : Sonatrach subit une baisse de production depuis quelques années. Comment vous justifiez cette situation ?

Sid Ahmed Baghdadli : La baisse est conjoncturelle car il y’a des investissements qui sont en cours qui peuvent augmenter la production dés leur achèvement. Cependant, les nouvelles découvertes ne seront pas suffisantes pour une longue durée mais uniquement sur quelques années qui seront de trois à quatre ans au maximum. En effet, les futures réserves sont inconnues et il y’a risque qu’elles ne soient pas suffisantes pour maintenir la production à son état actuel.

Est-ce que Sonatrach a les moyens nécessaires pour garantir la production des futures réserves ?

Avant de commencer la production dans une région donnée, il ya d’abord l’exploration. Pratiquement, au fur et à mesure que nous avançons dans l’exploration nous découvrons des puits, ce qui fait augmenter la production d’une manière substantielle.  Mais à certains moments, nous sommes obligés d’explorer ailleurs, et c’est ce que nous avons fait dans les années 1990. Donc, au total nous avons deux cycles de découvertes, le premier dans les années 50 et le second en 1990.

Considérez-vous que le pic de production ait été déjà dépassé en Algérie ?

Nous n’avons pas encore atteint les pics, mais nous sommes sur un plateau et lorsque cette étape prenne fin, nous entamerons le cycle de déclin et la production va diminuer graduellement, car les découvertes ne seront pas suffisantes pour répondre aux besoins.

Les chiffres sur les réserves hydrocarbures algériennes font l’objet de spéculations. Plusieurs sources établissent des statistiques souvent très différentes.  Qui croire en fin de compte ?

Les statistiques sur les réserves de gaz de schiste existant en Algérie émanent des études qui sont faites dans des bureaux et laboratoires et chaque étude peut faire paraitre des chiffres différents.Pour les gaz conventionnels, les chiffres que nous avons et dont nous sommes sûrs de leurs existences, montrent que nous avons 8 milliards de tonnes d’équivalent pétrole, dont nous avons consommé la moitié jusqu'à présent. Mais pour le gaz de schiste, il faut faire d’abord des forages pour infirmer ou confirmer les résultats révélés par les études.

Êtes-vous favorable à l’exploitation du gaz de schiste ?

Pas pour l’immédiat, le gaz de schiste ne peut être qu’un appoint pour ce que nous appelons le mixte-énergétique. En fait, la transition énergétique doit se faire quelle que soit l’évolution des choses, cela ne veut pas dire qu’on ne va pas aller vers le gaz de schiste demain, mais il ne faut pas compter sur ces gaz non conventionnels, car ils ne peuvent pas nous garantir les futures exportations énergétiques.

Pensez-vous que nous sommes en retard quant à la transition énergétique ?

Plusieurs projets sont en programmation, d’autres sont en cours de réalisation, mais actuellement, il y a absence de volontéde la part des autorités pour réaliser cette transition qui devient inévitable pour le futur énergétique de l’Algérie.

Khelifa Litamine

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