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«Il faut éviter de sacrifier l’investissement pétrolier» Abonnez-vous au flux RSS des articles

13 mars 2016
09:33
0 commentaire Francis Perrin.

La décision du gel de la production de pétrole à son niveau de janvier est insuffisante pour réajuster les prix. Selon Francis Perrin, expert pétrolier et président de Stratégies et politiques énergétiques (SPE), la réduction de la production est nécessaire pour rendre au marché son équilibre.   

 

L’Econews : On assiste durant ces derniers jours à une volatilité importante des prix du pétrole. Qu’elles sont les facteurs qui ont provoqué ce mouvement ?

Francis Perrin : Ce qui est très bien, c’est que les prix du pétrole sont sur une ponte ascendante, et nous sommes maintenant à plus de 40 dollars le baril. Certes c’est un niveau encore faible mais c’est une remonté significative depuis le creux de 2015. Il y a plusieurs facteurs qui expliquent cette hausse, dont l’espoir né de l’accord de Doha, entre quatre pays de l’Opep et la Russie. C’est pays ont décidé de geler leur production au mois de février dernier à son niveau de janvier 2016, et suite à cet accord, une quinzaine de pays, qui représente la majeur partie de la production mondiale ont rejoint cette initiative.

Les conséquences de cet accord ont eu un impact positif sur le marché pétrolier, et les prix sont repartis à la hausse. Mais, cet accord reste très insuffisant, c’est un départ intéressant et non une fin en soit, parce que les prix du pétrole chutent depuis août 2014 du fait qu’il y a trop d’offre sur le marché. Pour absorber cette offre, il faut une réduction de la production et non pas un gel seulement.  Or, pour l’instant personne ne parle de la réduction de la production.  L’espoir qu’on peut avoir est que cet accord sur le gel crée une situation de meilleure confiance entre les pays Opep et autres, et débouchera sur des négociations qui pourront aboutir à une réduction de la production.  Sans laquelle il serait étonnant que les prix du pétrole puissent continuer à remonter à des niveaux plus élevés, qui sont pourtant importants pour les pays producteurs, et pour les compagnies pétrolières.

Une rencontre aura lieu prochainement entre les pays qui ont décidé le gel de la production, quelles seront selon vous les décisions qui peuvent être prises ?

Cette rencontre, vient beaucoup plus pour confirmer l’accord de Doha. Or du côté russe, il y a eu un dialogue entre les autorités russes et les compagnies pétrolières, et le président Vladimir Poutine a dit que « je vois que vous êtes d’accord avec cette décision», donc cette réunion dont on ne connaît pas encore la date, va confirmer d’une façon précise le gel et par ailleurs, va amplifier la tendance puisque plusieurs autres pays ont exprimé leurs souhait d’adopter cette décision.  Mais on ne va pas annoncer en mars la réduction de la production qui reste nécessaire, pour assurer un redressement significatif et durable pour le pétrole.

Les prix du baril dépendent beaucoup de ce qui se passe en Chine actuellement, où on assiste à un recul de production. Est-ce que cela peut encore compliquer la situation pour le marché pétrolier ?

Il est clair que le recul de la croissance de l’économie mondiale notamment le ralentissement économique en Chine est un facteur qui a pesé sur la chute des prix depuis l’été 2014. Actuellement il existe des inquiétudes sur la croissance chinoise qui avoisinera selon les autorités entre 6% à 7 % contre 10% et 11 % avant. Mais certains économistes sont plus pessimistes puisque ils l’estime à des taux moins importants que les prévisions. Cela dit, il y a quelques signes positifs de côté chinois récemment avec l’engagement des autorités notamment la banque centrale de soutenir l’économie. Quelques indicateurs économiques qui n’étaient pas mauvais, ajouter à cela également des éléments positifs de la part des Américains, et l’autre de côté de la banque centrale européenne donc probablement la hausse des prix de baril cette semaine est une conséquence de l’accord de gel de la production à Doha et mais aussi des nouvelles économique positives de coté chinois, américain et un peu moins du coté européen. Mais tout cela reste insuffisant pour relancer l’ancien prix du baril.

Toutes les décisions et démarches prises actuellement restent insuffisante pour ajuster les prix. Peut-on s’attendre à une décision audacieuse de la part de l’Opep qui dépasserait le gel ?

Ces démarches sont positives, mais demeurent insuffisantes. Quand vous avez trop de pétrole sur le marché il n y a pas mille solutions il faut réduire l’offre pétrolière mondiale. Un autre élément qu’il faut évoquer est le jeu sur le marché avec des prix très bas du pétrole cela a un impact négatif sur l’offre pétrolière mondiale. La production de pétrole brut aux Etats Unis a augmenté jusqu’en avril 2015, et elle baisse depuis cette date. Et ce n’est pas parce que le président Obama a décidé ainsi mais parce que les prix sont tombés à des niveaux tellement bas que certaines compagnies pétrolières ferment des puits car ils ne sont plus rentables. Il y a aussi cet effet des prix très bas qui ont tendance à relancer la demande mondiale et à pénaliser une partie de l’offre mondiale simplement si les pays producteur de pétrole décident de réduire leur production cela accélérera l’équilibrage du marché entre l’offre et la demande.

Au moment où des producteurs de pétrole non conventionnel arrêtent leurs investissements, d’autres les relances dans d’autres régions du monde, est ce que c’est par optimisme ?

Il est important pour les pays producteurs de ne pas sacrifier l’investissement malgré la chute des prix du pétrole. Mais les investisseurs privés réduisent leurs investissements, c’est un comportement logique de la part d’un acteur privé car leur rentabilité est fortement réduite. Mais la chute des investissements dans l’industrie de pétrole et de l’énergie est un facteur  qui est négatif à long et moyen terme car il y aura un impact négatif sur la production pétrolière future. Donc certains pays producteur essayent de garder leurs niveau d’investissement dans l’industrie pétrolière car ils savant que l’investissement est l’avenir. Il est vrai qu’il n’est pas facile de tenir face à la chute de leur revenu pétrolier, mais sur le plan stratégique la variable investissement est fondamentale.

Khelifa Litamine

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