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Alger réussit le pari du consensus Abonnez-vous au flux RSS des articles

29 sept. 2016
11:45
0 commentaire L'organisation tend à retrouver le chemin de la raison.

Dans la capitale autrichienne, les membres de l'Opep valideront, en novembre prochain l'accord de déduire plus de 750 mille B/J. A Alger, le consensus l'a emporté sur les rivalités politiques. 

 

Un premier pas a été franchi depuis hier vers l'entendement. Les membres de l'Opep se sont mis d'accord pour finaliser un accord de réduction du plafond de production de l'organisation fixé dorénavant au seuil de 32, 5 millions barils jour soit, plus de 750 mille B/J.

La tâche a nécessité plus de six heures de négociations mais dans la sérénité et loin du spectre de Doha. Sous le regard observateur de la Russie, les gros producteurs se sont attelés à la tâche dans le respect des intérêts des uns et des autres pour lequel Alger a beaucoup œuvré à travers sa diplomatie. L'Opep le lui a bien rendu comme en a témoigné la présence de hautes personnalités à cet évènement, dont le prince saoudien qui a présidé une forte délégation de son pays avec en prime la promesse "d'assurer la part de l'Iran s'il le faut", selon les déclarations de certains participants.

Les membres de l'Opep ont, en outre fait montre de sagesse en accordant à quelques-uns d’entre eux, comme le Nigéria, la Lybie et l'Iran de maintenir leur production respectives en l'état, eu égard à la conjoncture actuelle qui ne permet pas à ces pays de consentir plus d'effort susceptibles de pénaliser leurs économies.   

L'organisation, dont l'influence a reculé ces dernières années sous le poids stressant des batailles politiques entre gros producteurs, tend à retrouver le chemin de la raison à la faveur du consensus. Certes fragile de par sa durée de vie, si l'on s'en tient aux déclarations de l'Arabie Saoudite détenteur de 30 % de ces réserves qui a affiché la couleur en lui donnant une toute petite année, mais la démarche va permettre tout de même au cartel - qui contrôle près de 40 % de la production mondiale et détient plus de 78 % des réserves mondiales de pétrole - d'influer sur les marchés mondiaux de l'or noir. Ce qui devrait redonner du tonus aux cours qui ont perdu plus de 65% de leur valeur.

Stabiliser les cours durant une année, équivaut à une réussite même limitée dans la mesure où Alger a réussi à ramener autour de la même table les inconciliables d'hier.    

Il faut dire que la guerre des tranchées à laquelle se sont livrés les membres influents de l'organisation s'est non seulement répercutée sur les revenus des pays membres, plongeant, sans exception dans l'incertitude leurs économies. Mais a dilué pour le moins le rôle de régulateur de l'organisation qui a été l'ombre d'elle-même ces dernières années donnant, ou offrant aux producteurs non Opep l'opportunité d'agir tant sur la production et donc, sur la suralimentation du marché que sur le volume des investissements. 

Les craintes sont exprimées à haute voix par tous, dont le premier responsable du cartel qui, à la veille de la rencontre d'Alger faisait état d'une nouvelle baisse de 22% du volume des investissements prévus pour cette année. Un recul de plus après celui accusé l'année dernière de l'ordre de 26%, d'où le besoin urgent de rééquilibrer le marché.  

Entre la course au maintien des parts de marché maintenant qu'il y a le retour de l'Iran, l'Irak et la Lybie et la faiblesse des cours pour consentir des investissements nécessaires, les membres de l'Opep admettent la chape de plomb qu'ils se sont imposés et tentent, au sortir de la rencontre d'Alger de parer au plus urgent en réajustant les cours à un niveau acceptable ne serait-ce que sur une année, le temps que la demande mondiale reprenne.

Le jeu en vaut la chandelle. Mais, pour répondre efficacement à la problématique des prix, le concours des non-Opep est plus que jamais sollicité. Les véritables négociations sont à venir avec les gros producteurs pour trouver une solution devant répondre à la demande mondiale dont il faudra consentir un investissement de près de 10.000 milliards de dollars d'ici 2040. Dans cette équation, l'Opep a tout intérêt à suivre le rythme ou disparaître.  

Lakhdar Aizouni

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