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Informel : les recommandations de Lapeyre Abonnez-vous au flux RSS des articles

12 oct. 2016
19:23
0 commentaire M. Frédéric Lapeyre

La lutte contre l’économie informelle nécessite la mise en place de plusieurs dispositifs attractifs qui incitent les acteurs de l’informel à faire le pas vers l’économie réelle au lieu de l’utilisation des moyens contraignants qui risquent de mettre un terme à plusieurs entités ou activités. C’est du moins ce qui a expliqué, le professeur, Frédéric Lapeyre, chef de l’unité économie informelle à l’organisation international du travail (OIT).

 

En présentant un exposé sur les causes, les conséquences et les manières de lutte contre ce phénomène qui touche d’une manière une grande majorité des économies du monde, M. Lapeyre a fait savoir que l’informel est un grand dilemme pour les gouvernements qui ne savent pas en général de quelle manière ils doivent intervenir afin de maitriser le fléau.

Lors d’une conférence qu’il a animée hier à l’Institut français d’Alger, sur la manière de « sortir de l’économie informelle », le spécialiste est revenu sur les causes de l’apparition de l’informel, et qu’il impute notamment à la pauvreté, la sous-traitance qui crée des emplois au noir et les métiers indépendants qui ne sont pas déclarés. Mais une fois que ce phénomène prend de l’ampleur, il aura des conséquences désastreuses sur l’économie, a estimé le conférencier. Le manque à gagner pour l’économie est très important pour les services de la fiscalité, mais aussi, pour la sécurité sociale qui passe à côté des montants très importants sans pouvoir les récupérer. A titre d’exemple, il a souligné qu’en Algérie, en 2015, les emplois dans l’informel représentent selon des estimations plus de 40% de la totalité des emplois hors secteur agricole. Les secteurs les plus concernées sont ceux de l’industrie 18%, les constructions 30% et le commerce 30%. Le conférencier a souligné aussi les effets de la concurrence déloyale que créer ce phénomène sur le marché et autres conséquences financières et économiques.

Pour remédier, a ce genre d’économie souterraine, le représentant du OIT, a indiqué que le Bureau international de travail a émis des recommandations R204, à travers lesquelles il a appelé à la facilitation de la transition de l’informel vers le formel, la promotion de la création des emplois décents. Selon Lapeyre, il est très important d’aller vers un dialogue social qui permet de trouver des alternatives et des moyens qui incitent davantage les acteur de l’informel à aller vers le système normal. Selon, lui il est important d’ouvrir la possibilité pour ces petites entreprises d’accéder au marché public, leur offrir aussi un cadre fiscal incitatif.

Enfin, le conférencier, a insisté sur la nécessité sur le fait que l’Etat doit assumer aussi sa fonction régalienne, puisque, s’il offre un cadre incitatif, il doit en contrepartie renforcer son contrôle sur les emplois et les déclarations des entreprises, à travers un système interconnecté entre les institutions concernées. Mais, le grand travail, réside selon lui, dans la prévention contre ce genre de pratiques.

Pour rappel, en Algérie, l’Etat a mis en place plusieurs dispositifs pour inciter les citoyens à bancariser leur argent. Mais jusqu’à présent, l’opération n’a pas vraiment donné les résultats escomptés. 

Khelifa Litamine

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