lundi 20 novembre 2017 Recevez l’actualité par courriel ou flux RSS

Le débat sur la réforme des subventions enclenché Abonnez-vous au flux RSS des articles

14 sept. 2016
12:41
0 commentaire L’élimination des subventions provoque la baisse de la consommation

Alors que le pays s’apprête à renouer avec le cycle des importations massives de blé pour l’année 2016/2017 suite à la plus mauvaise récolte céréalière de ces 7 dernières années, (33 millions de quintaux seulement), le débat est porté désormais sur les subventions alimentaires, notamment celles destinées au soutien du prix du pain.

 

C’est ce qui ressort d’une étude menée par des chercheurs du pôle agronomique et agricole de Montpellier, Agropolis, au Sud de la France auquel l’Algérie est étroitement liée par plusieurs accords de recherches dans le domaine de la sécurité alimentaire.

L’étude suggère en première phase la suppression totale des subventions à la consommation de blé, avant de tester, en seconde étape, « des politiques alternatives de compensations, comme le transfert direct aux ménages desdites subventions, réduction des taxes directes sur le revenu des ménages et la libéralisation du commerce agricole et agroalimentaire. »

Après l’analyse des conséquences de ces mutations, les résultats obtenus à l’issue de cette étude attestent que l’élimination des subventions provoque « une baisse de la consommation de blé suite à la hausse de son prix domestique, pendant que la consommation des autres produits alimentaires s’est maintenue au même rythme, puis elle augmente après l’introduction des mesures de compensations, [les subventions affectées directement aux ménages, ndlr] qui font en sorte de maintenir le niveau de consommation alimentaire global à un niveau satisfaisant », est-il confirmé dans cette étude intitulée « réforme des subventions du marché du blé en Algérie ».

Pour les chercheurs d’Agropolis de Montpellier, le maintien du niveau de vie des ménages à un niveau acceptable après une suppression éventuelle des subventions, sera permis « grâce à la hausse du revenu des ménages provoqué par la redistribution des subventions sous forme d’aide et de réduction de taxation, ainsi que par la baisse des prix des produits alimentaires à la suite de la libéralisation du commerce agricole », ce qui démontre qu’ « en prenant simultanément en compte, la libre formation du prix à la consommation sur le marché du blé, le recyclage du budget des subventions à travers les revenus des ménages, la dérégulation du marché intérieur du blé n’a pas que des effets dommageables sur l’économie dans sa globalité, et le supposé risque de sécurité alimentaire des ménages est à nuancer », conclut l’étude en question.

Avec une consommation moyenne de 240 kg/an/hab, l’Algérie est le 4ème importateur de blé au monde mais aussi est parmi les pays où les produits céréaliers sont fortement soutenus par l’Etat.

Mourad Allal

Sur le même sujet
22août 2012

Crise alimentaire mondiale "L’Algérie ne sera pas épargnée"

14juil. 2013

L’Afrique du Nord face aux crises Les propositions de la BAD

27mars 2013

Systèmes des subventions à l’énergie Le FMI appelle à leur réforme

Votre commentaire

Inscrivez-vous  ou  connectez-vous  afin de pouvoir laisser un commentaire.