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USA : L’Etat Nation again Abonnez-vous au flux RSS des articles

18 janv. 2017
12:57
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Dans moins de 48H, Donald Trump sera investi officiellement 45eme président des Etats Unis. Avec lui, les Usa retrouvent la bonne vieille recette du protectionnisme américain. 

 

Il a bâti sa compagne électorale sur le retour de l’emploi et la préservation de l’outil de travail pour que les States redeviennent «great again» et, ça lui a réussi. 

L’idée n’est pas nouvelle, les ingrédients non plus. Le désormais président américain s’en allé puiser dans les pures traditions économiques américaines les outils ayant fait la grandeur du nouveau monde.

Il s’entoura du républicains tel que Robert Lighthizer, fin négociateur dans l’antidumping, le  milliardaire Wilbur Ross nouveau ministre du Commerce et de Peter Navarro conseiller du commerce extérieur à la Maison Blanche, connus pour êtres les défenseurs acharnés du protectionnisme. Trump re-dévoile l’Amérique de l’intérêt propre d’abord. 

Une idée qui a fait ses preuves depuis toujours et qu’il soutiendra avec les dispositions de la loi américaine de 1988 sur le commerce et la compétitivité qui, permet à l'Administration américaine de prendre dans des délais très brefs toute mesure de rétorsion à l'égard des partenaires commerciaux dont les pratiques seraient jugées déloyales.

Il s’attaqua à la délocalisation, au demeurant, une  trouvaille américaine. Premières cibles : les compagnies de l’industrie automobile qui ont abdiqué suite aux menaces de taxations que le nouveau président a instaurées. Au pied du mur, tour à tour, le constructeur Ford abandonne l’idée de débourser 1,6 milliard de dollars d'investissement au Mexique et rentre au pays pour créer 700 nouveaux emplois.  Carrier, le géant américain de la climatisation finira lui aussi par se ranger en abandonnant son idée de fermer son usine de l'Indiana et gardera les quelques 500 postes dans le pays en attendant que General Motors suive.

De bons points que le nouveau président a récolté et ce, avant même qu’il fasse ses premiers pas dans les couloirs de la maison blanche. Les syndicats lui font confiance, il réussit deux coups avec la même pierre.

Trump remet au goût du jour les vieilles recettes 

C’est presque de tradition. A chaque crise et, quelque soit la couleur politique du locataire du bureau ovale, il est fait recours au protectionnisme pour préserver l’économie américaine.

Le durcissement de la protection tarifaire pour « soutenir certaines industries qui ne peuvent concurrencer les producteurs étrangers a fait son apparition dés 1928. Depuis, le tarif moyen sur les importations protégées passaient alors de 39 % à 53 %.

A coup de droits de douane, de quotas et de quotas tarifaires, les USA maintiennent  leur taux de protection à 11, 8% bien devant le japon et l’UE.  L’on doit à l’administration Bush la clause multilatérale ou, clause de sauvegarde dans l’OMC pour protéger son industrie Cette clause permet l'application de mesures de protection temporaires lorsqu'une période précise d'ouverture de l'économie engendre un développement important et brusque des importations nationales qui met en péril l'industrie locale. En 2000, le président George W. Bush a mis en place des mesures protectionnistes sur les importations d'acier pour satisfaire les demandes des grandes entreprises du secteur dont la productivité était insuffisante. Les pays industrialisés qui se sont engagées à démanteler leurs subventions à compter de 2013 buttent toujours sur l’attitude US dont l’agriculture est l’une des plus subventionnées du monde. C’est pourtant les USA qui demandent l’élimination des subventions aux exportations.  L’organisme en charge du règlement des litiges commerciaux (ORD) au sein de l’OMC compte parmi ses clients les plus fideles les USA souvent prises à partie pour adoption de mesures de protectionnisme invisible.

 

« Il faut changer le système »

A l’international, Trump tranche avec son prédécesseur en s’attaquant à ce qu’il considère comme rival indésirable à savoir la Chine. Pour cela, quitte à faire entorse aux règles de l’OMC.  Pour lui il faut « changer le système ». La première mesure est de rompre le traité commercial scellé il y a quelques mois entre les Etats-Unis et 11 autres pays d'Asie et d'Amérique, idem pour celui négocié dans les années 90 avec le Mexique et le Canada tout comme le TPP avec l'Asie et le Pacifique, ou en projet, le Tafta avec l'Union européenne. Pour cela, il compte sur Robert Lighthizer, nommé représentant commercial des Etats-Unis dont il attend qu’il fasse « un travail excellent en nous donnant les moyens de changer radicalement cette politique commerciale désastreuse qui a empêché tant d'Américains de retrouver la prospérité», déclarait fièrement Trump.

Les vertus de la mondialisation telles que mises en avant ces dernières décennies tendent à s’effilocher devant l’impératif de se reconstruire et se préserver des crises cycliques. La venue de Trump à la tête de la toute puissance économique mondiale peut s’avérer un repli stratégique pour reprendre de la vigueur. Qui a dit que l’Etat Nation est un concept démodé ?  

Samira Mana

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