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Sahara occidental : la délicate mission de Ban-Ki-Moon Abonnez-vous au flux RSS des articles

04 mars 2016
19:40
0 commentaire Une fin de mandat laborieuse.

A quelques mois de la fin de son mandat à la tête de l’Organisation des nations unies, le secrétaire général de cette instance mondiale Ban-Ki-Moon a décidé d’entamer une tournée dans les campas de réfugiés Sahraouis, mais aussi dans les pays concernés par le problème sahraoui.

 

Après la capitale mauritanienne, Nouakchott, où il s'est entretenu vendredi avec le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, Ban-Ki-Moon est depuis aujourd’hui dans les camps de réfugiés sahraouis, près de Tindouf. En plus d’un tête-à-tête avec le président sahraoui, Mohamed Abdelaziz, le SG de l’ONU devait se rendre, selon les agences de presse, dans le camp de Smara, puis à Bir Lahlou, derrière le mur de défense érigé par le Maroc, pour rencontrer les membres de la Mission des Nations-unies pour le référendum au Sahara Occidental (Minurso) déployée en 1991 pour superviser une consultation électorale sans cesse repoussée depuis 1992.

Cette visite qui exclut, pour l’heure, le Maroc (la visite dans le Royaume est prévue pour le mois de juillet prochain) sera ponctuée par une rencontre avec le président de la République, Abdelaziz Bouteflika ce dimanche dans sa résidence à Zeralda, dans la banlieue ouest d’Alger. Mais d’ores et déjà l’on s’interroge sur la capacité de Ban-Ki-Moon de relancer le processus de négociation entre le Maroc et le Polisario qui est pratiquement au point mort. «Faire avancer la situation au Sahara occidental est important », a-t-il indiqué diplomatiquement vendredi à Nouakchott.

«J'entends apporter ma pierre aux négociations engagées pour régler ce différend de longue date et favoriser les pourparlers afin que les réfugiés sahraouis puissent rentrer chez eux au Sahara occidental dans la dignité », a-t-il encore ajouté. Si les propos fleurent quelques soucis de faire bouger les lignes, il n’en demeure pas moins que la mission s’annonce fort délicate en raison des manœuvres marocaines visant à torpiller toute idée de relance du processus.

Mi février, c’est un responsable sahraoui qui dénonçait les tentatives marocaines d’annuler cette visite de Ban dans la région. «C'est une véritable démonstration d'obstruction aux efforts du secrétaire général de l'ONU, le gouvernement marocain continue à mettre des obstacles pour empêcher la visite de Ban Ki-Moon dans la région », avait déclaré Ahmed Boukhari à l'APS.

Selon lui, «les autorités marocaines ne veulent pas que cette visite ait une relation avec le prochain rapport sur le Sahara Occidental que doit présenter Ban Ki-Moon au Conseil de sécurité en avril (…). C'est une stratégie bien connue du Maroc: bloquer tout progrès dans le dossier sahraoui pendant le mandat de Ban Ki-Moon qui arrive à échéance en fin 2016 ». Il y a aussi le travail de lobbying fait auprès des Français, les Espagnols, les Saoudiens et les Emiratis, pour leurs soutiens infaillibles. Ajoutez à cela : les accusations de terrorisme formulées à l’encontre des réfugiés sahraouis et les prétendues manœuvres de l’Algérie, à ses yeux, à l’origine du blocage.

Il y a quelques jours, Rabat s’es singularisé par le gel de ses contacts avec l’UE pour protester contre l’annulation de l’accord agricole lequel concernait le Sahara occidental. Attachée à sa « troisième voie», une large autonomie au Sahara sous souveraineté marocaine, Rabat persiste à refuser «une solution basée sur l'autodétermination du peuple sahraoui », comme le défendent les sahraouis soutenus par l’Algérie. Dégât collatéral : Rabat accuse l’Algérie de bloquer la construction maghrébine alors que dans les déclarations de Marrakech et de Zeralda, les membres de l’UMA avaient bien pris le soin de délier le règlement de la question sahraouie de la construction du Maghreb.

Au regard des évolutions et des mutations de la situation dans la région, la faible volonté de la communauté internationale, beaucoup plus préoccupée par d’autres questions comme celles de la Syrie, du pétrole, des réfugiés et du terrorisme, nul doute que le règlement de la question sahraouie n’est pas pour demain. Ban-Ki-Moon pourra-t-il réussir là où d’autres avant lui ont échoué ?

Sofiane Tiksilt

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