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La classe politique en semi-effervescence
A qui harangue le plus la foule Abonnez-vous au flux RSS des articles

17 oct. 2013
11:19
0 commentaire Les partis s'expriment

La fin de la semaine dernière et le début de celle en cours ont été riches en activités politiques. Et pour cause ! Chaque leader d’une formation politique s’en est allé de sa méthode pour haranguer les foules et convaincre ses propres militants du bien-fondé des positions des uns et des autres. Cela, sans omettre une sorte de polémique née entre le FLN et TAJ sur une supposée alliance ou un éventuel partenariat. Le MPA n’a pas manqué de se joindre à cette controverse.

 

Si Amar Ghoul, parle d’alliance autour d’un seul projet de société qui est celui du président de la République, subséquemment aux rencontres qu’il a eues avec le secrétaire général du FLN et le MPA, Amar Saïdani, lui, estime qu’il n’est pas, du moins pour le moment question d’alliance mais de prise de contact.

Pour sa part, Amara Benyounès dément catégoriquement tout pacte ou alliance politique, même s’il partage avec les deux premiers le soutien à un quatrième mandat pour Abdelaziz Bouteflika. D’ailleurs et avant même que ce dernier ne se prononce, Amar Saïdani s’est érigé en son porte-parole pour annoncer qu’il sera le candidat du FLN.

 

Une alliance dans une autre

Non sans suggérer que l’ex-parti unique se suffit à lui-même pour organiser la campagne électorale et arracher la victoire aux prochaines présidentielles, Il a été jusqu’à confirmer que l’alliance présidentielle, née un certain février 2004 n’existait plus. Le MSP étant passé à l’opposition, les parlementaires du FLN, de TAJ et les indépendants ont formé une coalition excluant les élus du RND. Ce qui ne semble pas déranger la formation politique dirigée jusqu’au 15 janvier dernier par Ahmed Ouyahia, tout en minimisant cet évènement politique, convaincue que le programme du président de la République n’est pas encore achevé.

Et Nouara Djaâfar insiste là-dessus. « Nous avons fondé l’alliance présidentielle sur le soutien au programme du président de la République. Ce dernier est toujours en application, donc, pour nous, l’Alliance existe toujours ». Et l’actuelle sénatrice du tiers présidentielle de confirmer que le RND n’a pas été associé à la concrétisation d’une coalition présidentielle, composée autrement que celle qui a vu le jour en 1998. « Nous n’avons pas besoin d’être consultés sur ce que fait le FLN.

Chaque parti est libre d’agir comme il lui convient et de s’allier avec qui il veut. La démarche du FLN ne nous dérange pas. » En attendant, le conseil national du RND est en plein conciliabule pour se trouver un secrétaire général, ce poste étant occupé de manière intérimaire par Abdelkader Bensalah. Lequel n’a pas caché sa volonté de briguer ce poste. Mai il faut dire qu’il pourrait être le candidat unique surtout si l’information selon laquelle l’ex-ministre de l’Education, Boubekeur Benbouzid vient d’annoncer son retrait de cette course se confirme.

 

Les islamistes peinent à se trouver un candidat unique

Du côté des islamistes, on se bat sur deux fronts. Le premier consiste en leur opposition à toute révision constitutionnelle avant les présidentielles. Celles pour lesquelles, les islamistes, avec apparemment comme chef de file Abderrezak Mokri qui se fait de plus en plus virulent, peinent à trouver un consensus pour un candidat unique qui représenterait leur mouvance et défendrait leur projet de société. Ont-ils d’autre choix, eux qui ont essuyé une débâcle cinglante lors des législatives de mai 2012, conséquence d’ailleurs des scissions et effritement de leurs formations respectives ? Même avec la constitution de l’Alliance de l’Algérie verte, ils n’ont pas réussi à engranger la majorité de la population dont ils se revendiquent.

La preuve en est que Abdelmadjid Menasra s’est séparé du MSP immédiatement après le congrès qui a vu la réélection de Bouguerra Soltani à la présidence du parti. Il ne partira pas sans emmener du monde avec lui. Idem pour Amar Ghoul qui était tête de liste à Alger pour le compte de l’Alliance de l’Algérie verte,  est qui a quitté le mouvement de la société pour la paix, après avoir refusé, comme Mustapha Benbada de quitter le gouvernement, après que le MSP eut décidé de passer de l’autre côté de la barrière.

 

Les  «démocrates » se tirent dans les pattes

Parmi les partis qui se réclament de la démocratie, très peu sont actifs. Seul, il faut le reconnaître, le Parti des travailleurs multiplie les activités. En effet, il ne se passe pas une semaine, sans que le PT n’organise soit son bureau politique, son comité central ou alors des villégiatures à l’intérieur du pays pour des meetings animées par Mme Louisa Hanoune. Ce d’autant que cette formation politique prépare ardemment son 8e congrès prévu vers la fin du mois prochain. Mais la bataille du PT, est beaucoup plus axée sur « l’unité des rangs des Algériens, contre toute ingérence étrangère ». Cela, en relation avec ce qui se passe aux frontières algériennes. Cette bataille, est également économique, Mme Hanoune ne cesse d’emboîter le pas à Abdelmadjid Sidi Saïd pour la relance de l’industrie algérienne et la protection de la production nationale.

Sur le plan éminemment politique et en relation avec les questions internes, le PT ne cesse de donner la réplique aux défenseurs de la limitation des mandats, présidentiels ou autres, estimant que cela était antidémocratique et participait de la confiscation de la volonté populaire. Elle dénoncera également les pressions politiques émanant de certaines formations qui voulaient absolument faire activer l’article 88 de la Constitution. La secrétaire générale du PT ne tardera d’ailleurs pas à se faire qualifier, notamment par le RCD avec lequel elle a eu beaucoup de maille à partir, de « mercenaire du pouvoir.

Ce parti, dirigé aujourd’hui par Mohssen Belabbès après le retrait de Saïd Sadi ne rate aucune occasion pour « descendre » en flamme et le président et son entourage immédiat. Il milite toujours pour l’activation de l’article 88 de la loi suprême du pays pour destituer le président de la République invoquant son incapacité à diriger le pays.

Il a été jusqu’à concocté un avant-projet de constitution qu’il est en train de soumettre à débat au sein des ses instances. Un avant-projet  de constitution comprenant quelques notions que tout le monde défend, à l’image de la justice sociale et l’égalité entre les citoyens. Il se prononce, par ailleurs, contre le passage du projet de Constitution par voie parlementaire et lui préfère la voie référendaire. Est-ce parce que le RCD ne siège plus au Parlement, de son propre gré ? On ne le sait pas. Toutefois, il se dit prêt à «discuter avec toutes les tendances politiques autour de la révision de la Constitution, car il s’agit d’une affaire sérieuse ».

 

Les « Sanafirs » attendent leur tour

Ceux qu’on appelle les petits partis ou encore les « Sanafirs », sont en stand by. Certains d’entre eux tentent de lier des alliances, à l’image des 14 partis. Tandis que d’autres attendent que le là soit donné pour les présidentielles pour sortir de leur tanière, comme ils le font tous les cinq ans. D’ailleurs, il n’est un secret pour personne que plusieurs de ces partis ne se sont même pas conformés à la nouvelle loi sur les partis politiques, et encore moins tenu leurs congrès respectifs.

De son côté, le ministère de l’Intérieur observe un silence pour le moins inquiétant. Quand bien même ils ne perçoivent pas de subventions financières de l’Etat, sauf s’ils réussissent à obtenir des sièges au Parlement (400.000 DA par siège et par an), il n’en demeure pas moins qu’ils polluent la scène politique monopolisant les salles, qui s’avèrent vides ou clairsemés quand les dirigeants « louent » des militants pour assister à leur meeting. Toutefois, lorsqu’il s’agit des présidentielles, l’écrasante majorité se prononce pour le candidat « dit du consensus » estimant qu’il est le seul à même de régler les problèmes du pays et mettant de côté leur programme politique si tant est qu’ils en aient.

En tout état de cause, les prochaines présidentielles s’annoncent rudes et ce sera à qui fera le plus le beau, notamment pour ceux qui n’auront pas de candidat à présenter. Surtout que Ali Benflis se prépare à entrer dans la course des présidentielles, « même si Bouteflika se représente ». L’ex-chef du gouvernement devra rendre publique sa décision en principe le 1er novembre. Et si cela se confirme, Abdelkader Salat se fera un plaisir de diriger sa campagne électorale comme il l’a fait en 2004, en présentant avant chaque meeting Ali Benflis comme président de la République.

Par Faouzia Ababsa [ Le contacter ]

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